lundi 5 mars 2012

Comment devenir un "anonymous" ?

Le groupe "Anonymous" vous est forcément connu si vous avez passé les derniers 6 mois sur cette planète. Ils font quelque chose qui est juste et nécessaire. Vous vous êtes peut-être posé la question, si comme moi vous avez quelques compétences en informatique : comment rejoindre le mouvement ? Où ?

Ma réponse va peut-être vous décevoir. Mais voilà : vous voulez rejoindre Anonymous ? Bienvenu. À mon avis, vous avez fait le plus dur. Ensuite, quoi ? Vous voulez un bagde ou le signe secret de reconnaissance entre frères ? Ça, c'est n'importe quoi. Rejoindre les Anonymous, c'est d'abord lire les messages qu'ils diffusent. Les diffuser vous-même. Les comprendre, surtout ! Et les mettre en pratique !!!

Par exemple "TV fucks your brain" - arrêtez de regarder la télé. Dénigrez-là sans cesse auprès de vos connaissances. Refusez ce qui en vient.

Le message des Anonymous, c'est que nous sommes 99,9% et eux, les dirigeants qui nous trompent, 0,1%. Pas besoin d'actions violentes ni de quoi que ce soit d'illégal. Ignorez les dirigeants. Niez leur pouvoir. Ne votez plus, ce n'est que les renforcer.

En fait, tout est dans leur message. Servez-vous en. Vraiment. Revenez aux fondamentaux. Ne gaspillez plus d'argent pour des gadgets idiots. Parlez avec des gens.

Attendre d'Anonymous qu'ils fassent des choses pendant que nous restons assis... c'est une illusion dangereuse. Prenez votre temps si vous avez peur d'avoir des vertiges. Mais mettez-vous debout.

mardi 14 septembre 2010

COMMUNIQUÉ DE L'ASSEMBLÉE POPULAIRE PONZAN (TOULOUSE) :

Nous étions une trentaine ce dimanche après-midi à nous réunir pour affirmer au grand jour notre détermination : Nous ne voulons plus de ce pouvoir corrompu et de ses lois scélérates !

Nous appelons à ce que partout en France s’ouvrent des lieux publics pour accueillir la colère qui gronde dans ce pays : Assemblées populaires, Assemblées générales, Collectifs Interluttes, etc ...............

Nous appelons à une nouvelle Assemblée Dimanche prochain, 19 septembre à 16 heures à l’allée Francisco Ponzan Vidal (jardin Compans-Cafarelli) pour discuter des modalités d’action de la journée du 23 septembre .

Assemblée Populaire Ponzan (Toulouse, 12 septembre 2010)
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Que dire de plus ? Venez ! Venez nombreux ! Et si vous êtes trop loin, recherchez un peu s'il n'y en a pas une plus près de chez vous !

lundi 7 juin 2010

A quoi réfléchir quand on à rien à faire ?

Je passe très vite sur le fait que je reviens après une longue absence. Après tout ça n'importe que très peu... Pour mon projet, il semble que je vais devoir m'y mettre un de ces quatre matins, mais pour l'instant je n'en ai pas la force.

Heureusement pour me remettre en selle, il y a l'actualité, et celles-ci : on nous annonce, enfin les médias nous annoncent, la formation de deux commissions : une pour réfléchir aux rythmes scolaires... et une autre pour supprimer les jurés populaires dans les cours d'assises.

D'abord, je trouve qu'ils doivent sacrément s'ennuyer, les couteux inutiles (vous savez, les parasites de l'assemblée, et leur amis les énarques...) parce voilà bien deux choses dont on a rien à faire.

Pour les rythmes scolaires, c'est quoi le problème ? Elle marche très bien l'école ! C'est quoi encore cette histoire de rythmes ? L'école a pour but (réel) d'éjecter la plupart des gens du système scolaire sur le critère de leurs capacités à faire des mathématiques en sachant que celles-ci sont enseignées de la pire des façons imaginables... Je ne mentionne même pas le but affiché, parce qu'il ferait sourire et que personne n'y croit vraiment...

Et pour ça, soyons juste, elle fonctionne à plein tubes. Voire, je sais pas si on pourrait faire mieux. Alors quels sont encore les dangereux politiques qui veulent s'occuper d'améliorer les rythmes ? Il ont rien de mieux à faire ?

Et les jurys populaires ! Quelques questions mériteraient d'être posées : qui sait ce que c'est ? qui a eu affaire à un jury populaire une fois dans sa vie ? Non mais franchement ...

Alors que les français sont pour qu'on arme la police municipale ! et puis ensuite les profs, les médecins, et pourquoi pas, ensuite, les enfants ! Si, pour les protéger de la pédophilie ! Quoi ? Vous êtes contre ? Alors vous êtes avec les pédophiles ? Non ? Je préfère...

A quand les bonnes vieilles distributions d'armes dans la rue ?

Sinon le budget dédié à la protection des hautes personnalités. On protège Ségolène, vous saviez ça ? Pourtant c'est pas vraiment une espèce en voie de disparition.

Mais le fait que ce budget augmente est un message d'espoir : le danger qui pèse sur les assoiffés de pouvoir est de plus en plus grand. Et ça, c'est cool : ça prouve que les gens sont en bonnes santé mentale.

Cela dit, j'ai entendu que les vieux politiques Chirac et Jospin dédicaçaient des bouquins ! Et qu'il y avait des gens qui venaient les voir ! Et ben oubliez ce que j'ai dit sur la santé mentale des gens... tant qu'il y aura ce genre de caniches toujours prêts à venir se frotter sur la jambe du pantalon des puissants, on sera pas sortis de l'auberge. On y est même pas encore rentrés, c'est dire.

mercredi 4 novembre 2009

De retour !!!

Parlez-moi d'une grippette ! Je me suis carrément ramassée une sorte de pneumonie avec des complications longues comme un jour sans pain. Bon, en réalité, d'après mon médecin, sans parler de l'infection bien réelle, j'avais surtout besoin de repos. "On" a pris soin de moi, "On" m'a empêchée de toucher un clavier (sans rire, plus d'un mois ! J'ai presque l'impression que je sais plus me servir d'un ordinateur) mais je suis maintenant guérie et reposée. Je dois retourner au travail demain... et je vais reprendre le fil des mes activités ordinaires.

Je n'ai pas trop suivi l'actualité ces temps derniers, il y en a eu des belles ! Je sais où je vais passer ma journée aujourd'hui.

Je vais préparer un petit résumé du plan à venir et on y verra plus clair fin de semaine.

vendredi 25 septembre 2009

Outil pour les développements : d'abord une liste de diffusion

J'ai créé un groupe Google :

Voici les principaux points :

* Nom du groupe : reprendre-initiative-dev
* Page d'accueil du groupe : http://groups.google.com/group/reprendre-initiative-dev
* Adresse e-mail du groupe : reprendre-initiative-dev@googlegroups.com

Normalement, l'inscription est plus ou moins ouverte. Je vais attendre que Joe et Etienne s'abonnent, ou me disent si ça ne fonctionne pas aussi simplement que prévu.

Ensuite je posterai un brouillon du processus itératif.

Et puis ensuite on verra ;-) J'ai pas mal réfléchi, j'ai des tas d'idées - quant à savoir si elles sont bonnes...

mercredi 23 septembre 2009

Reprendre l'initiative - II - Le défi technique

Pour reprendre en deux mots, il s'agit de créer un mouvement international rassemblant des gens du monde entier, non seulement pour promouvoir (parce que ça, tout le monde le fait) la liberté et la démocratie, mais pour l'exiger maintenant, partout où c'est possible, et en particulier dans l'entreprise et dans l'éducation. Pour plus de détails à ce sujet, la partie I est un cran plus bas, je crois.

Pour s'organiser, ce mouvement utilisera l'Internet. Ce réseau ne connaît pas les frontières. Les autres médias ont montré leur limites : quelques uns informent (en prêchant des convaincus) et les autres déforment. La télévision est la forme la plus aboutie de la machine à décérébrer. Certains journaux ont de l'avenir, mais de ceux détenus par les grandes entreprises, si ce n'est par des marchands d'armes, nous n'avons rien à attendre.

Or, comment et d'abord surtout, pour quoi utiliser l'Internet ?

Je vais donner un exemple d'action que je pense assez représentatif, et qui par nombre de ses caractéristiques, peut servir de cas d'école. Bien sur, il ne constitue en aucun cas un objectif pour des raisons sur lesquelles je reviendrai plus tard.

Les changements que nous voulons induire dans les entreprises, nous ne pourrons pas nous contenter de les souhaiter. Il va falloir utiliser la menace. Sans menace, toutes les suppliques habituelles seront vaines. Non, il faut, j'insiste sur ce point, utiliser la menace commerciale. Et certainement en venir au boycott.

Passons au cas concret : la téléphonie mobile. Je n'ai pas de téléphone donc je connais peu le sujet. Mais je pense ne pas trop me tromper en affirmant ceci :

Sur le marché français, trois opérateurs se partagent le marché. Rien ne permet de les différencier vraiment et quand on y réfléchit, 3 opérateurs différents pour un réseau, c'est stupide. Stupide pour nous. Très rentable pour eux :
  • D'abord ils dépensent une fortune en publicité. C'est un gaspillage pur et simple de ressources environnementales précieuses.
  • Le réseau est triplé. Je peux me tromper mais je suppose qu'il y a donc trois fois plus d'antennes que vraiment nécessaire : encore un gaspillage de matières première, d'energie, etc.
  • La pseudo concurrence qui les oppose produit essentiellement des offres impossible à comparer, des contrats longue durée, ainsi que tout l'arsenal habituel des astuces juridiques pour rendre le client captif, et bien sur, une différentiation sur le gadget technologique inutile.
  • Au final, ils ont été condamnés pour entente illicite! Naturellement, aucun abonné n'a revu la couleur de l'argent extorqué par ce biais, mais en plus, comme les prix n'ont pas bougé d'un iota depuis, il y a fort à parier que l'entente continue!
Note : Je sais : parler d'environnement et de téléphonie portable semble un peu ridicule. Je sais. Ce n'est qu'un exemple.

J'évoque ce cas parce que j'ai pu voir qu'il existe un ressenti énorme envers les opérateurs télécom. Les gens les détestent parce qu'ils savent. Mais ils ont l'impression qu'il n'y a rien à faire.

Voilà précisément une action possible de ce mouvement : réunir suffisament de gens pour siffler la fin de la récréation. Lancer un cahier des charges en exigeant :
  • Des engagements en terme d'emploi et de participation à la prise de décisions des salariés (la démocratie dans l'entreprise)
  • Des engagements en terme d'environnement (je rentre pas dans les détails, vous imaginez)
  • Des protocoles ouverts, des offres commerciales simples, des tarifs sociaux, pourquoi pas ?
Et là, l'épreuve de force. Soit on est assez nombreux et assez forts. Ils cèdent, on avance, on passe à la suite. Soit on ne l'est pas assez. Alors on appelle ceux qui se sont contenté de regarder faire et on y retourne. Et puis, on peut imaginer des tas de choses. Vous imaginez l'impact sur le cours boursier si cent mille clients annoncent la résiliation massive ? Je suis sur que plein de gens ici et là ont des idées encore meilleures.

J'ai dit que ceci n'était qu'un exemple et ne constituait pas un objectif de ce mouvement. La première et principale raison qui me vient à l'esprit est qu'il ne me revient absolument pas de décider des objectifs. L'autre raison est que ce mouvement n'est pas une association de consommateurs. Il ne donne pas des notes à des produits, il exige, purement et simplement, le respect de certaines normes à tous les niveaux possibles, de manière directe, sans la médiation toujours longue et tordue (par les lobbies) des pouvoirs publics.

En parlant de pouvoirs publics, pour être claire : je ne suis pas en faveur d'une entreprise d'État géré par un autre de ces hauts fonctionnaires - encore une opinion personnelle, mais en accord avec le principe fondateur : démocratie dans l'entreprise. Nous savons tous que la solution de la nationalisation ne vaut guère mieux. Ce sont les salariés et les clients qui devront contrôler cette entreprise, pas un énarque ou je ne sais quel technocrate du même accabit. Ces organisations hiérarchiques font des employés des robots. Des robots avec la sécurité de l'emploi et 6 semaines de congés, mais des robots. Qui n'ont aucune raison particulière - soyons francs - de se soucier de nos besoins et de nos exigences. C'est l'effet inévitable de la bureaucratie. Personnellement, je suis convaincue que ces robots peuvent redevenir des humains à la première occasion. Il suffit de leur donner le droit de décider par eux-mêmes.

J'ai mentionné le téléphone mobile parce que cet exemple me paraissait pertinent, mais il peut vous sembler futile. J'aurai pu donner un autre exemple avec les supermarchés. Nous pouvons, si nous le voulons, exiger des supermarchés qu'ils payent leurs fournisseurs et notamment les paysans vite et bien. Il n'est pas normal qu'ils dégagent un bénéfice monstrueux et que finalement nous finissions par subventionner l'agriculture. Les paysans n'ont pas à vivre de la charité publique quand ils pourraient très bien vivre de leur travail si toute une ribambelle d'intermédiaires ne vivaient pas sur leurs dos.

Bref, exemples pertinent ou pas, ce n'est pas la question. La question ici, c'est l'architecture technique à mettre en place pour organiser tout ça.

Comment proposer des actions ?
Comment les mettre aux voix ?
Comment les planifier ?

Sachant qu'un site web ne suffira pas: Il faut absolument un logiciel à part, multiplateforme, à source ouvert, gratuit, reposant sur une infrastructure décentralisée. Il faut inclure un système de PKI pour la signature des votes éléctroniques. etc.

Ce genre de logiciel existe partiellement, mais aucun ne fournit un outillage pour faire ceci; je pense à des choses comme OneSwarm, Freenet, GnuNet, etc. Pourrait-on les adapter ? Les utiliser tels quels ?

La partie débat peut avoir lieu ailleurs : il y a les blogs pour ça, ils hébergent une activité très importante et très satisfaisante pour ce que j'ai pu en voir. De plus, si nous sommes nombreux, faire discuter trop de personnes ensemble est contre-productif.

C'est là que j'ai besoin d'aide. Il faut rédiger les spécifications fonctionnelles du produits. Ensuite, il faut prototyper le protocole réseau et enfin, coder. Je peux le faire seule, mais ça va me prendre du temps et j'en ai peu (j'ai besoin de sommeil). Donc si vous avez des idées, un peu de temps, des compétences techniques, envie de changer le monde vraiment, eh bien laissez-moi un message ici. N'hésitez pas à proposer les outils qui permettront de démarrer : un serveur de liste de diffusion pour les développements, des liens ou des noms de modèles existants, etc. Et parlez-en autour de vous.

Une parenthèse importante à propos de développement : je suis en phase avec Joël Spolsky sur son dernier billet : Duct Tape Programmers . Si vous ne lisez pas l'anglais ou si vous êtes préssés, laissez-moi vous traduire le paragraphe le plus important :

Note : duct tape, c'est intraduisible, enfin pour moi; on va dire "bout d'ficelles"...

Les programmeurs bout d'ficelles sont pragmatiques. Zawinski a rendu celèbre le précepte de Richard Gabriel’s Le Pire est le Mieux (Worse is Better). Une solution à 50% bonne que les gens ont résous vraiment plus de problèmes et survit plus longtemps que la solution bonne à 99% que personne n'a parce qu'elle est dans votre laboratoire où vous polissez indéfiniment la damnée chose. (NDT : aucun sous-entendu, bien sur). La livraison est une fonctionnalité. Une fonctionnalité vraiment importante. Votre produit doit l'avoir.
Cela étant, ce qui est valable pour le logiciel n'est pas valable partout.

Et le temps presse. Vraiment. Vous le savez bien. Ce que nous cherchons à faire ne plaira sans doute pas à certaines personnes. Pas la peine de devenir parano pour autant. Mais attention à ne pas trainer en route. Il y a des lois qui se préparent et qui rendront peut-être ce projet plus difficile.

Reprendre l'initiative - I - Le Principe

Après quelques réflexions et lectures subversives sur le monde en général, j'en suis venue à la conclusion suivante :

Il est possible de créer un mouvement international de manière à ce que les gens reprennent l'initiative.

Les éléments qui me font arriver à cette conclusion (en vrac) :
  • Les gens (ou le peuple, ou la population, comme vous voulez) n'ont globalement pas le pouvoir. Les décisions sont prises au-dessus d'eux, ils sont souvent pris pour des idiots (pour ne pas dire plus), trompés, infantilisés, etc.
  • Il y a un niveau assez important de ... disons quelque chose qui est un mélange de cynisme, de désespoir et de lucidité chez les gens. Dans l'ensemble (c'est une impression personnelle) ils ne croient plus au pouvoir, ils s'en méfient, ils se doutent que les gouvernements n'agissent pas dans leur intérêt, pas plus sur le court terme que sur le long terme.
  • On dispose avec l'Internet d'un moyen pour mettre en relation des personnes du monde entier. Ça pose des problèmes d'infrastructures techniques, mais on peut toujours trouver une solution pour le faire de la manière la plus économique et fiable possible.
  • Les mouvements de masse ont des impacts. Quoiqu'ils en disent, les gouvernements, l'élite, en a peur. Bien sur, ils tentent par tous les moyens (et notamment la propagande) de faire croire le contraire, pour conserver le pouvoir.
  • Je pense sincèrement qu'il n'y a pas d'autre choix qu'une organisation internationale. Les frontières politiques sont des obstacles techniques, il faut simplement les considérer en tant que telles.
  • Enfin, des mouvements se sont organisés dans des conditions bien pires que celles où nous nous trouvons actuellement. Ce qui veut dire que la seule chose qu'il y a besoin de faire, c'est de commencer.
Dit comme ça, ça paraît simple, hein ? Commençons donc.

L'idée principale du mouvement est la suivante :

Une vraie démocratie partout où c'est possible.

Et voilà pourquoi (à mon avis) :

(Note : gardez à l'esprit que j'emploie le terme "nous" pour parler de la population mondiale)

La plus grande partie du monde vit sous des dictatures plus ou moins sanguinaires. Je ne rentrerai pas dans les détails, les renseignements affluent. Pour les victimes de ces régimes, la démocratie parait évidement souhaitable. Mais, et c'est là que le problème se situe, dans les autres pays, la démocratie est seulement formelle. C'est-à-dire que même en considérant que les gens sont représentés par le parlement (et c'est très loin d'être le cas) en réalité, nous passons la plus grande partie de notre temps éveillé dans des systèmes dictatoriaux : école et entreprise, pour ne parler que des deux plus importants. Attention, l'école et l'entreprise ne sont pas forcément des enfers invivables, ce n'est pas ce que j'ai dit. J'ai simplement dit, et je ne pense pas que l'on puisse le contester sérieusement, que ce sont des systèmes dictatoriaux.

Dans le cas de l'entreprise, il est évident (et d'un certain point de vue, normal) que les décisions sont prises par les dirigeants dans leurs intérêts ou dans l'intérêt de leurs actionnaires (ce qui revient à peu près au même vu d'en bas). Les salariés de l'entreprise, tenus en général dans l'ignorance de la politique de l'entreprise ne font que subir les conséquences de ces décisions sans y participer. Quand il existe un contre-pouvoir (par exemple un syndicat), il peut exister une opposition, mais le problème perdure : ce sont les dirigeants du syndicat qui négocient avec les dirigeants de l'entreprise et en fin de compte, le pouvoir échappe encore aux salariés. Cela ne veut pas dire que l'action du syndicat est mauvaise en fin de compte (je dirai presque que c'est mieux que rien) : mais le résultat final est que cette délégation du pouvoir finit par conduire à des abus et des compromissions, sans parler de maintenir les gens dans l'idée que seuls un petit groupe peut décider pour la masse.

Or, rien ne dit que ce doit être le cas. Les salariés pourraient décider eux-même de la politique à suivre, sur le long terme, en tenant compte de différents paramètres. Les gens sont très loin d'être stupides et ils en sont parfaitement capables. On peut s'attendre à ce que des objectifs partagés soient mieux respectés et donc, à une plus grande efficacité.

Je pense donc que la démocratie en entreprise est possible autant que souhaitable. Quand on voit comment se comportent les entreprises en général par rapport à l'environnement (que ce soit naturel ou social), on ne peut pas rester indifférent. "Une société doit faire du profit" nous ressasse-t-on, "pas du sentiment". Je ne suis pas d'accord. Il n'y a pas de loi naturelle qui dit que ces entités doivent se comporter comme des prédateurs sans pitié. Même si les entreprises n'ont pas de plan concerté entre elles pour nous mener droit dans le mur, il est évident que leurs comportements égoïstes aura cette conséquence;

Une parenthèse à ce sujet : les dirigeants des entreprises ne sont pas fondamentalement des gens mauvais, pas plus que les hommes politiques ne sont essentiellement corrompus. Après tout, ce sont des gens comme nous. C'est juste qu'ils sont en quelque sorte "sélectionnés" suivant un processus qui fait que ce sont finalement les "pires" qui se retrouvent élus. Si un patron fait du sentiment, il fera moins de bénéfice qu'un autre faisant moins de sentiment, et les actionnaires auront tendance à préférer le second, ce qui incitera le premier à rectifier le tir, etc. etc. Et la même choses se produit en politique, et dans les syndicats. A chaque fois qu'on se trouve en présence d'une organisation hiérarchique, les personnes les plus autoritaires ont tendance à en devenir les chefs. C'est plutôt le contraire qui serait étonnant. Et même si je crois qu'il y a des exceptions à ce principe, elles sont peu nombreuses.

Le cas de l'école est plus compliqué. Évidement, c'est une structure autoritaire et quelque part il y a forcément des justifications à cela; par exemple, on ne peut pas confier la direction d'une école à des enfants de cinq ans. Mais est-ce toujours le cas pour des adolescents de quinze ans ? et pour des étudiants majeurs ? Sans parler du fait que l'on peut trouver des aménagements : une partie seulement des décisions pourrait être déléguées à des dirigeants de l'école, par exemple, avec validation par les parents d'élèves, ce genre de choses; bon les modalités sont à définir, mais encore une fois, il n'y a pas de loi naturelle qui veuille que l'éducation se fasse sous la contrainte.

En partant de ces constatations, je propose d'établir la démocratie partout où cela est possible, et donc, pour cela, de rechercher les structures autoritaires et de questionner leur légitimité. Certaines sont peut-être légitimes; mais dans quelles conditions exactement ? Est-ce qu'il n'y a pas moyen de les limiter dans le temps ? et tout ce qui s'ensuit.

Si jusque là vous êtes plutôt d'accord avec moi, je pense que nous pouvons continuer.

Si vous n'êtes pas d'accord :

Si vous pensez que ce genre d'initiative va droit à l'échec, s'il vous plait, venez au moins essayer avec nous.

Si vous pensez que tout ça, c'est du communisme, du socialisme, ou je ne sais quoi, et que ça ne marchera jamais, bon, je comprends partiellement vos objections, mais dites-vous bien que les modèles qui ont déjà échoué n'avaient rien à voir avec ce qui est proposé ici, mais tout à voir avec des dictatures d'état.

Si croyez qu'on ne peut rien faire, détrompez-vous. Les mobilisations font beaucoup, il y a beaucoup d'exemples. Faites des recherches sur ce sujet. Et même si vous pensez que c'est impossible, il faut une première fois pour tout.

Rejoindre ce mouvement n'implique pas d'abandonner votre vie pour coller des affiches, devenir un saint ou arrêter de manger de la viande, non, rien de tout ça. Ces choses-là sont à peu près inutiles dans les mouvements existants, au contraire, elles finissent par éloigner les gens "normaux".

Si vous pensez que je (ou nous) faisons ça pour devenir les chefs d'un immense mouvement, non, ce n'est pas le but. Il ne s'agit pas de faire des campagnes de télé et de radio pour fonder un parti politique. Il s'agit de provoquer des changements, ce que les partis politiques ne font pas. Ce mouvement n'enverra jamais de candidats à la présidentielle, ni n'en recommandera aucun.

Si vous pensez qu'il existe déjà ce genre de mouvements (par exemple ATTAC) et que celui-ci est juste un doublon, non, c'est différent. Il ne s'agit pas de faire des universités d'été, des forums mondiaux et ce genre de choses. La plupart de ces organisations fonctionnent d'une manière non satisfaisantes, même si elles ont des bons côtés.

Un des objectifs de ce mouvement est d'échapper aux dérives de la personnification, car c'est en contradiction avec le principe de démocratie.

Ajout de dernière minute suite à un commentaire hors ligne : ce mouvement n'a pas vocation non plus à se substituer ou à remplacer les véritables luttes, sur le terrain où elles doivent aussi avoir lieu : La vie ne se passe pas sur Internet. Sa vocation est aussi pédagogique : c'est l'occasion de montrer que l'auto-organisation est possible, mais en plus qu'elle a des effets.

Maintenant, dans une seconde partie, j'aborderai le côté technique de la bête.

Ensuite, nous pourrons vraiment commencer. Le temps presse.